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Originaux : poème, extensions, fragments
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Poème
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En ville, où il fait trop chaud, dans la journée,
La vie grouille le soir et chacun de s’agiter,
Qui, vers des plaisirs, venant de nature,
Qui, vers d’autres, venant de culture,
Qui vers d’autres venant de biture.
Les poètes, et les romantiques,
Préfèrent scruter, ciel étoilé,
Se mirant en eau de rivière.
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À chacun, son monde, idée,
À tous, ses plaisirs, assoiffés.
Rythmes biologiques circadiens
Se trouvent parfois très perturbés,
Quand les nuits remplacent les jours,
Alors il n’y a plus d’heure, pour l’amour !
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Sur le rio Guadiana, jour tombe doucement,
Le soleil s’en va éclairer, chauffer, brûler ailleurs,
Nous laissant en otage, le vent, l’ombre, la fraicheur :
Vivement le couchant pour profiter à plein, de ce moment.
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Les cafés s’ouvrent, les tapas se préparent et les gens arrivent,
Dans la nuit noire moment où soirée vient de commencer à peine.
Les chiens aboient, cloches sonnent, coqs chantent hors d’haleine
Nombre de bruits étranges chavirent nos corps, entre ses rives.
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En plein midi, le jour, soleil de plomb, des touristes, pressés,
Avancent bravant la canicule de musée en musée artistes,
D’autres bénéficient de farniente offert par leurs congés,
Passent le jour en autre bouillon de culture, autistes.
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Dernière clarté s’est évanouie,
Son centre-ville reste sans vie :
À la blancheur du jour, succède,
Une étrange nuit qui vous obsède.
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La journée se termine, ici, à Ayamontés, en un monde à l’envers :
Le soleil ferme la porte à un enfer, la Lune ouvre celle d’un paradis,
Où étoiles se confondent avec le blanc des lampes des lampadaires,
Où feux des bateaux, au mouillage brouillent leurs clartés contraire.
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Lors rio Guadiana miroite des scintillements d’écailles de poissons,
Isolement des anges que l’immensité dérange, lors le silence mange,
Transforme ces vertiges de hauteur du monde et de la vie en visions
Nous faisant hériter, d’ancien, bien rare bonheur d’un archange.
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En plein milieu de journée, la vie devient figée, comme arrêtée,
Il nous faut gommer après-midi, attendre début de la soirée,
Vivre en sommeil fractionné, faire sieste rythme décalé,
Il faudra un mois de vacances pour nous adapter.
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Ici la nuit n’est pas l’ombre du jour,
Elle sera d’une toute autre… lumière,
Où les gens épanchent, spleen d’amour,
Dans ses cafés, en vins, tonics et bières !
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Extensions
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Il y a mouillage et mouillage, tous ne se ressemblent guère,
Pour ne pas dire aucun d’eux selon qu’on est proche de terre
Ici, c’est le noir complet ciel voilé par les nuages comme enfer,
Là c’est une sorte de pénombre entretenue par la clarté lunaire,
Ailleurs, reflets de lampadaires de quais, pontons, fronts de mer
Qui jouent avec mouvement d’une houle légère, clapots sévères,
Et le vent fait siffler, chanter les drisses, bonjour l’atmosphère
Ou c’est le calme plat, on s’endormirait en quart de mystère.
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Traverser à pied, en vélo, en voiture, en autocar, un pont à l’embouchure
D’une rivière-frontière, et arriver, en bateau, au milieu, y passer dessous,
Sont deux choses totalement différentes, même si elles ne sont étrangères
C’est plus que changement de point de vue, c’est une variation d’élément,
Et si, dessus, c’est juste un franchissement commun, utilitaire, d’obstacle,
Passer dessous, avec un mat d’une flèche de quinze mètres, fait sensation.
Du fait qu’il se détache de l’eau, par sa hauteur, pont devient majestueux,
Il est comme un fil tendu, afin de relier deux tissus, ou deux imaginaires.
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Nous avons longé la ville et marina
De Villa Real qui s’avère pleine à craquer,
Nous avons renoncé à y entrer pour accoster.
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Avons pris la direction en face, vers Ayamontés
Pour se retrouver en la même situation : complet.
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Avons tout de même pu faire le plein d’eau, de fuel,
Sommes rabattus pour bon mouillage, près du pont.
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La nuit est vite tombée, feux de la ville, vite allumés,
L’atmosphère crépusculaire excite mon imaginaire.
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Le silence de la baie contraste avec bruits de rues,
Le pont jette un arc sur la rivière à forte hauteur.
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Sortons l’annexe et allons faire une tour en ville
La température flirte encore avec trente degrés
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La nuit sera très chaude … à n’en pas douter :
Nous n’avons plus qu’à envier climat breton.
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Fragments
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Deux villes frontières : Portugal/Espagne,
Ayamontés et Villa Real de Santo Antonio,
Se font presque face sur le fleuve Guadiana,
Comme les deux marinas étaient complètes,
Nous voilà contraints de mouiller une ancre
Non loin du pont qui les rejoint, en amont.
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Fiesta qui, fiesta quoi, repose-toi :
Ici, on dort le jour, et sous son toit,
On s’agite la nuit, comme zombies,
À la fraiche et verre alcool rempli !
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D’abord il y a eu cette chaleur caniculaire,
Qui remplit l’air d’étouffante atmosphère
Ensuite errance de port à autre frontière
Enfin, la recherche d’un point d’attache
Tant et si bien que la journée s’achève.
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Fiesta qui, fiesta quoi, repose-toi :
Ici, on dort le jour, et sous son toit,
On s’agite la nuit, comme zombies,
À la fraiche et verre alcool rempli !
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À tourner en rond, en rivière, bateau,
L’ennui surgit, cherchons fraicheurs :
Sortons annexe et accostons ponton,
Faire un tour en ville, cocktail morito.
Un café ouvre sa terrasse face dancing
On s’affale sur un fauteuil, abasourdis,
Ça chante, ça danse, ça crie, ça swing !
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Fiesta qui, fiesta quoi, repose-toi :
Ici, on dort le jour, et sous son toit,
On s’agite la nuit, comme zombies,
À la fraiche et verre alcool rempli !
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L’été bat son plein de vacanciers éméchés,
Il est minuit, pour nous, temps de rentrer.
Toute la nuit l’on entendra bruits de fiesta.
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Graphiques : calligramme, forme et fond
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Calligramme
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En ville, où il fait trop chaud, dans la journée,
La vie grouille le soir et chacun de s’agiter,
Qui, vers des plaisirs, venant de nature,
Qui, vers d’autres, venant de culture,
Qui vers d’autres venant de biture.
Les poètes, et les romantiques,
Préfèrent scruter, ciel étoilé,
Se mirant en eau de rivière.
À chacun, son monde, idée,
À tous, ses plaisirs, assoiffés.
Rythmes biologiques circadiens
Se trouvent parfois très perturbés,
Quand les nuits remplacent les jours,
Alors il n’y a plus d’heure, pour l’amour !
Sur le rio Guadiana, jour tombe doucement,
Le soleil * s’en va éclairer, chauffer, brûler * ailleurs,
Nous lais A sant en otage, le vent, l’ombre, la N fraicheur :
Vivement Y le couchant pour profiter à plein, de ce O moment.
Les cafés A s’ouvrent, les tapas se préparent et les gens C arrivent,
Dans M la nuit noire où la soirée vient de commencer T à peine.
Chiens O aboient, cloches sonnent, coqs chantent hors U d’haleine
Nombre N de bruits étranges chavirent nos corps entre R ses rives.
En plein T midi, le jour, soleil de plomb, des touristes, N pressés,
Avancent E bravant la canicule de musée en musée E artistes,
D’autres bénéficient de farniente offert par leurs congés,
Passent le jour en autre bouillon de culture, autistes.
.
Dernière clarté s’est évanouie,
Son centre-ville reste sans vie :
À la blancheur du jour, succède,
Une étrange nuit qui vous obsède.
.
La journée se termine, ici, à Ayamontés, en monde à l’envers :
Le soleil ferme la porte, à un enfer et la Lune ouvre celle d’un paradis,
Où étoiles se confondent avec M le * blanc des lampes des lampadaires,
Où feux des bateaux, au mou O illage G brouillent leurs clartés contraire.
Lors rio Guadiana miroite U des scintil U lements d’écailles de poissons :
Isolement des anges que I l’immensité A dérange, lors le silence mange,
Transforme ces vertiges L de hauteur du D monde et de la vie en visions
Nous faisant hériter, L d’ancien, bien rare I bonheur d’un archange.
En plein milieu de A journée, la vie devient A figée, comme arrêtée,
Il nous faut gom G mer après-midi, attendre N début de la soirée,
Vivre en som E meil fractionné, faire sieste A rythme décalé,
Il faudra * un mois de vacances pour nous ¤ adapter.
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Ici la nuit n’est pas l’ombre du jour,
Elle sera d’une toute autre… lumière,
Où les gens épanchent, spleen d’amour,
Dans ses cafés, en vins, tonics et bières !
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Forme
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Évocation
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Lampe à pétrole probablement
Pour éclairer notre mouillage
Voire un vase à deux étages,
Une carafe pour servir eau.
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Lampe à réservoir et mèche, à huile ou pétrole,
Pour éclairer une zone ponctuelle
Mais aussi pour être visible de suffisamment loin
Pour inférer présence humaine !
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La lampe peut servir en intérieur, ou extérieur.
Lampe à pétrole n’est plus d’actualité, fait vieux,
Avec ampoules à leds en torche point lumineux,
Qui sont bien plus pratique et, plus économiques,
Mais suscitent moins l’imaginaire romantique.
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Symbolique
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Parce qu’elles
Constituent un
Substitut au soleil,
Ou comme dispositif
De mise en valeur,
Les lampes sont
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L’objet d’appropriations
Symboliques, de coutumes
Et de rituels en éclairant
L’endroit et l’envers.
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La partie éclairée montre
Symboliquement ce qui reste
À voir, à retenir en vie éveillée,
Elle éclaire notre entendement,
Ou elle nous sort de la confusion
Mentale, de confusion intérieure.
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Fond
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Évocation
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Une lampe électrique éclairant faiblement
Un mouillage de nuit :
Un tel feu signale notre présence, sur l’eau
Face à la ville, illuminée.
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Symbolique
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Le soleil ferme la porte à un enfer
Tandis que la lune ouvre celle d’un paradis
Où étoiles se confondent avec blancs de lampes
Voire des lampadaires, où, les feux des bateaux,
Au mouillage brouillent leurs clartés contraires,
Lors le rio « Guadiana » miroite ses scintillements,
D’écailles de poissons, de flashs d’un clair de Lune.
À vous de continuer à décrire, évoquer, suggérer
Cette ambiance de sombre clarté d’oxymoron !
Source : d’inspiration personnelle, sur site
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Fond/forme
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Il est question d’éclairage nocturne,
Un peu différent de lampe–tempête,
Qui aura le même charme à l’intérieur
Pour procurer l’ambiance en présence,
Mouillage en flots fleuve Guadiana.
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Avons un feu blanc, en haut du mat,
Plus un autre, jaune, dans le carré
Un rouge et un vert sur les côtés,
C’est ainsi que l’on s’est signalé
Et l’on peut dormir tranquille
Sauf que les bruits de ville,
Nous tiennent en haleine
Constamment éveillés.
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