O1 – Notre voilier, Ar-Kilé, compagnon

O1 – Notre voilier, Ar-Kilé, compagnon

 

Poème 

 

Un fier, solide bateau,

De sa proue à sa poupe,

Une belle allure en coupe,

Reste distingué, reste beau.

 

Ar Kilé  est son nom, primaire,

En compagnon,  en bleu de mer,

D’aluminium, voguant sur les flots

Il est grand, pratique, sûr et costaud.

 

Son capitaine le connaît bien, il en est fier

Il investit tous les ans, temps  argent et idées,

Pour le rendre  à son goût, améliorer, peaufiner :

Une nouvelle jupe pour accueillir son radeau survie,

Nouvelle capote  pour se protéger des vents, des pluies,

Nouveaux coussins  beiges pour mieux égailler son carré,

Nouveau halebas rigide  en vue de souquer  bôme entoilée.

 

L’an passé, la descente, l’an  prochain,  un  nouveau  portique,

Revernissage de l’intérieur  et grand changement informatique,

Plomberie, boiserie, électricité : il est repris et réparé de partout.

Si fait qu’il ne manquera de rien,  bien qu’il soit loin d’avoir tout :

Un bateau, pas neuf, mais  par son capitaine, partout, bien rénové.

 

Son seul point faible reste sa vitesse, qui laisserait parfois à désirer.

Trois nœuds au vent faible, cinq au vent moyen, huit au grand frais

Sa tranquillité déroutante lui confère  comme un charme suranné

D’une coque prenant le temps comme si elle vous menait à pied.

 

Nuit et jour, sans faiblir, réglant et régulant, seul, son allure,

Une fière monture, lors on lui donne son cap et son amure,

Toujours prêt à abattre et, plus encore, à lofer ou à virer

Sur commande de bord sauf cas empannage à éviter.

 

Quand il s’emmêle les voiles en ciseau, devant,

Ballant, un vent, n’ayant cure,  le stoppant,

Pantois, sur son faux nuage, le laissant,

Il faut le relancer, en manœuvrant.

 

Extensions

 

C’est un voilier pour six marins,

Avec trois couchettes et trois banquettes,

Ni trop petit, trop grand, qui remonte en amont,

Les rivières, vous conduira jusqu’au large de l’océan.

Il s’échoue, sur une plage, en une crique ou une vasière.

 

On s’y plait, à faire de la  cuisine, à se livrer à la lecture,

Ou écriture, lors sa radio vous abreuve de sa musique.

Voilier solide, sécurisant, unique, même fantastique

Qui s’occupe de nous autant qu’on s’occupe de lui.

 

****

 

On s’attache un peu beaucoup parfois même passionnément,

Que ce soit pour  une navigation hauturière, navigation côtière,

Quand ce n’est pas pour la sortie la journée, du week-end, en mer.

 

Il y a ceux, celles, qui ont le pied marin, sans parler estomac serein,

Ceux qui règlent les voiles, ceux qui font la cuisine, sinon farniente.

Ar-Kilé demeure, pour nous, merveilleux et solide compagnon,

Il ne nous a jamais inquiétés, fait douter en forte tempête.

 

****

 

Notre voilier fait quarante-trois pieds

Il fait grand et c’est un investissement

Tant affectif, romantique que financier

Et l’on a navigué, avec lui, quinze ans !

 

Mais à vrai dire, ce n’est pas le mien,

Eh non, c’est juste  celui d’un copain,

Qui m’aura pris  pour être l’équipier,

Parfois par ma femme, accompagné.

 

Son voilier  reste  des plus chouettes,

Il nous  transporte,  nourrit, couche,

Cuisine,  carré,  cockpit, couchettes :

Ne lui manque juste que… la douche.

 

Ce n’est pas  un « coursier des mers »,

En ne dépassant guère les cinq nœuds !

Il n’empêche que l’on en demeure… fiers

Par son programme tout comme on veut.

 

Et bien sûr il y aura des problèmes à régler

Si ce n’est de voiles, de boots, d’accastillages

Et parfois même, de moteur à régler, réparer,

Mais il demeurera bon compagnon de voyage.

 

Fragments

 

Voilier, c’est quoi,

Une quille ou dérive ;

Une coque et un pont ;

Un cockpit  et un carré ;

Un moteur  et une barre ;

Un mât pour le gréement ;

Une bôme avec un génois ;

Une ancre  et un grand spi.

 

Le  nôtre  est  de  37 pieds :

En aluminium, peinturluré,

Avec  pilote  et  régulateur :

Vitesse moyenne : 5 nœuds,

Pour  solide  4×4  des mers,

Avec le carré en bois blond,

Un portique  sympathique,

Et en avant … la musique.

 

Un bateau  comme autre,

Singulier puisque nôtre,

Prêt à mettre  les voiles,

Dès qu’envie se dévoile

Pour prendre le large,

Seul  ou  à plusieurs,

À l’aise en tempête,

Port ou mouillage.

 

***********

 

Invitation

À un voyage

Voile étarquée

Prenant  la  gite

Pour avancer vite

Sa dérive…mobile,

Fait   passe-partout,

En criques,   rivières,

Et sur plage  de sable.

 

Hauturier … s’il en est,

Caboteur,  à ses heures,

Sa superbe  ligne  bleue,

Avec son roof, lumineux,

Abrite 3 cabines doubles,

Une cuisine  et coin repas

Atmosphère  aventurière,

Faisant courir toute mer.

 

L’on  s’y  sent  chez soi :

À  bord, on est  les rois,

Il est distingué et sain,

Plus besoin … de rien

Que de vent portant

Très loin, devant :

Ar-Kilé … beau,

Notre bateau.

 

01 – Notre voilier, Ar-Kilé, compagnon

 

Calligramme

 

Ba

Teau

Qui      va

Sur       l’eau

De   sa    proue,

Jusqu’à     sa  poupe,

Il est distingué,   beau !

N

Il se nomme   O   Compagnon

Ar Kilé, bateau  T     bleu de mer,

En aluminium vo  R   guant sur flots

Est grand, pratique   E       sûr costaud.

             * 

Son capitaine le connaît   V      et en est fier :

Il investit tous les ans, temps  O     argent, idées,

Pour rendre à son goût, l’amélio  I     rer, peaufiner,

Une nouvelle jupe pour accueillir  L radeau de survie

                                I

Et nouvelle capote pour se protéger    E   de vents, pluies,

Et des nouveaux coussins  beiges afin   R  d’égailler le carré

Nouveau halebas rigide, pour souquer    * une bôme entoilée.

L’an passé, la descente, l’an prochain       A  nouveau portique,

                                     R

Le vernissage à l’intérieur, et le change        –    ment informatique,

La plomberie et boiserie, électricité, repas   K  sé, réparé de partout

Si fait qu’il ne lui manquera rien même s’il  I    sera loin d’avoir tout,

Un bateau pas neuf mais partout, par son   L  capitaine, bien rénové.

                               É

Son seul point faible serait sa vitesse qui laisserait parfois à désirer.

Trois nœuds au vent faible, cinq au vent moyen, huit au grand frais

Mais sa tranquillité déroutante, lui confère beau charme suranné,

 

De coque qui prendrait son temps comme vous menant à pied.

Nuit et jour, sans faiblir, réglant, et régulant, seul, son allure,

Fière monture quand on lui donne et son cap et son amure.

 

Toujours prêt à abattre et plus encore à lofer ou à virer

De bord, sur commande, sauf, en cas d’empannage.

 

Quand il s’emmêle les voiles en ciseau devant,

Le vent, qui n’en a cure, le stoppe, ballant,

Le laissant pantois sur son faux nuage.

 

Forme

 

Évocation

 

Un voilier  qui navigue au vent,

Une goutte d’eau  bien chargée,

Un pendentif ou boucle d’oreille.

 

Il s’agit ici d’un petit voilier de six mètres cinquante

Avec  des flancs joufflus et un tableau arrière, large :

Ar-Kilé onze mètres de long,  trois cinquante de large. 

Notre voilier dériveur peut naviguer un peu partout :

En mer, de port en port, d’anse en anse, de rivière…

 

Symbolique  

 

Le

Voilier

Est un bateau :

Symbole plus général

Mais aussi complémentaire

Mettre les voiles : expression

Qui illustre le mieux symbole.

La voile se gonfle  au  besoin

De partir, elle  est  le reflet

Du départ bien  imaginé.

Invitation  à  quitter ?

En se rappelant que

L’on ne quitte pas

Le  port  sur un

Coup de tête,

 

Qu’un nouveau voyage

Se prépare longuement.

signification-reves.fr/Voilier-voile

 

Fond

 

Évocation

 

Voilier navigue avec le vent, voire

Contre lui,  en cours d’intempéries

Aura besoin d’une carte marine

Pour savoir où il est, où aller !

 

Symbolique

Navigation

Marine concerne

Les activités humaines

Sur  les mers. On parle de 

Navigation dite  «hauturière»

Lorsque navire  qu’il soit moteur

Ou voile navigue  en haute mer, hors

De vue terre, de cabotage ou navigation

 «Côtière»  lorsqu’il navigue toujours en vue

Des côtes. Voilier, est  savoir, équipement, ,

Notre voilier qui navigue, a l’avant pointu,

Et, pour ce qui est du milieu, bien ventru,

Bien qu’il soit petit ou grand, un voilier

Gardera les mêmes caractéristiques

Sera plus ou moins longiligne,

Marin, et parfois instable

De ligne superbe. 

 

Fond/forme

 

L’imaginaire de  la navigation resterait  divers

Selon que l’on est seul ou qu’on est à plusieurs,

Selon qu’il s’agit d’un rafiot ou beau voilier.

 

Lors le nôtre est à la fois beau, costaud,

Nous n’avons rien à craindre des avis

Ni  des  tempêtes, ni  des mouillages,

On irait presque partout  avec  lui !

 

Combien de propriétaires de voiliers

S’attacheront fortement à ces derniers,

Les entretenant, peaufinant chaque année.

 

Un voilier : la voile se gonfle avec son besoin de partir, de s’évader

Navigation: «hauturière» lorsque le navire navigue en haute mer

La forme du calligramme correspond bien au fond, est bien rimé

 

01 – Notre voilier, Ar-Kilé, compagnon

 

Visuels

 

 

Notre voilier, en mer, baptisé :

Ar-Kilé pour « Ar qu’il est beau ! »,

 

 

 navigue bien, sous son spi, pour

le monter jusqu’à… sept nœuds,

 

 

il nous hébergera, aussi, la nuit

au ponton de toutes les marinas, 

 

 

avant de repartir pour autre port,

 profitant d’un vent au portant.

 

Textuel poème

 

Un  fier, solide bateau, de sa proue à sa poupe, une belle allure en coupe : il reste distingué, il reste beau. Ar Kilé est son nom primaire, en compagnon, en bleu de mer, en aluminium, voguant sur  les flots, il est grand, pratique, sûr et costaud. Son capitaine le connaît bien, en est fier : il investit tous les ans, temps  argent, idées, pour le rendre à son goût, améliorer, peaufiner : une nouvelle jupe pour accueillir son radeau survie ; nouvelle capote pour se protéger des vents, des pluies ; nouveaux coussins  beiges pour mieux égailler son carré ; nouveau halebas rigide en vue de souquer sa bôme entoilée. L’an passé, la descente ; l’an prochain, un  nouveau portique ; revernissage de l’intérieur et grand changement informatique, plomberie, boiserie, électricité : il est repris et réparé de partout. Si fait qu’il ne lui manquera rien,  bien qu’il soit loin d’avoir tout : un bateau pas neuf, mais,  par son capitaine, partout bien rénové. Son seul point faible reste sa vitesse qui laissera, parfois, à désirer : trois nœuds au vent faible, cinq au vent moyen, huit au grand frais. Sa tranquillité déroutante lui confère comme un charme suranné d’une coque prenant le temps comme si elle vous menait à pied. Nuit et jour, sans faiblir, réglant et régulant, seul, son allure : une fière monture lors on lui donne son cap et son amure.  Toujours prêt à abattre et, plus encore, à lofer ou à virer sur commande, de bord, sauf cas empannage, à éviter. Quand il s’emmêle les voiles en ciseau, devant, ballant, le vent, n’en ayant cure,  le stoppant, pantois, sur son faux nuage, le laissant, il faut le relancer, en le manœuvrant.

 

Textuel extensions

 

C’est un bateau pour six marins, avec trois couchettes et trois banquettes, ni trop petit ni trop grand, qui remonte très en amont les rivières et vous conduira jusqu’au large de l’océan. Il s’échoue, sur une plage, dans une crique ou une vasière. On s’y plait à faire la cuisine et se livrer à la lecture, aux écritures lors sa radio vous abreuve de sa musique. En somme c’est un voilier solide, sécurisant et qui a quelque chose d’unique et même de fantastique, à savoir qu’il s’occupe de nous, autant qu’on s’occupe bien de lui. L’on s’y attache, un peu, beaucoup, parfois même passionnément, que ce soit pour une navigation hauturière ou navigation côtière, quand ce n’est pas pour la sortie de journée, de week-end, en mer. Il y a ceux, celles, qui ont le pied marin sans parler estomac serein, ceux qui règlent les voiles, ceux qui font la cuisine, sinon farniente.  Ar-Kilé demeure, pour nous, un merveilleux et solide  compagnon, il ne nous aura jamais inquiété, fait douter, en très forte tempête ! Notre voilier de quarante-trois pieds, il fait grand et c’est un investissement tant affectif que romantique que financier, mais on a navigué avec lui quinze ans. À vrai dire, ce n’est pas le mien, car c’est juste celui d’un copain et qui m’a pris pour être équipier, parfois, par ma femme, accompagné. Son voilier reste vraiment chouette, nous transporte, nourrit, couche, avec cuisine, carré et couchettes, il lui manquerait juste une douche.  Si ce n’est pas un coursier des mers, il ne dépassera guère les cinq nœuds : il n’empêche que l’on en demeure fiers par son programme tout comme l’on veut ? Et quelques problèmes à régler, si ce n’est de voiles,  d’accastillages, même parfois de moteur à réparer, mais bon compagnon de voyage.

 

  Textuel fragments

 

Voilier, c’est quoi,  une quille ou dérive ; une coque et un pont ; un cockpit  et un carré ; un moteur  et une barre ; un mât pour le gréement ; une bôme avec un génois ; une ancre et un grand spi. Le nôtre  est  de  37 pieds : en aluminium peinturluré,  avec pilote  et  régulateur : vitesse moyenne, 5 nœuds,  pour solide  4×4  des mers, avec le carré en bois blond, un portique sympathique, et en avant la musique. Un bateau comme autre, singulier puisque nôtre, prêt à mettre les voiles, dès qu’envie se dévoile pour prendre le large seul ou à plusieurs, à l’aise en tempête, port ou mouillage. Invitation voyage, voiles étarquées, prenant de la gite pour avancer vite. Sa dérive, mobile, fait passe-partout, en criques,  rivières et sur plage de sable. Hauturier… s’il en est, caboteur, à ses heures, sa superbe  ligne bleue, avec son roof, lumineux, abrite 3 cabines, double, une cuisine, coin repas, atmosphère aventurière faisant courir les mers. L’on s’y sent chez soi : à bord, on est les rois, il est distingué et sain, plus besoin … de rien, que de vent portant très loin, devant : Ar-Kilé beau, bateau.

 

Résumé : Poème, Calligramme, Visuels, Fictionnel

 

 Un fier, solide bateau,

De sa proue à sa poupe,

Une belle allure en coupe,

Reste distingué, reste beau.

 

Un voilier : la voile se gonfle avec son besoin de partir, de s’évader

Navigation: «hauturière» lorsque le navire navigue en haute mer

Mots-clés : voilier et reflet départ imaginé, invite  à  quitter la terre,

navigation imaginaire seul ou à plusieurs, port, tempête, mouillage 

 

Notre voilier, en mer, baptisé : Ar-Kilé pour « Ar qu’il est beau ! »,

navigue bien, sous son spi, pour  le monter jusqu’à … sept nœuds,

il nous hébergera, aussi, la nuit au ponton de toutes les marinas,

avant de repartir pour autre port, profitant d’un vent au portant.

 

Trois amis de longue date se retrouvent un matin du début d’avril sur le quai près de la porte d’entrée du port de Perros-Guirec pour une découverte du voilier suivi d’une réunion de chantier improvisée. Et dieu sait s’il y avait du travail de nettoyage, de rénovation et d’ajout !

 

01 – Notre voilier, Ar-Kilé, compagnon

 

Monologue

 

Carambola est un voilier de 37 pieds en coque aluminium, dériveur intégral de 0, 90 à 2,20 construit en 1984, jaugeant  6, 200 kg, à vide. Sa forme  de coque et son allure aura rapproché son architecte Philippe Harlé  du  fruit exotique « carambole ». Le carambolier est un arbre originaire de Malaisie produisant un fruit en forme d’étoile allongée, de couleur jaune dorée, à chair croquante, légèrement acidulée, reconnu pour sa richesse en antioxydants.  Son ancien propriétaire a baptisé son exemplaire parmi les douze fabriqués à l’époque, par le chantier Garcia, du nom d’«Ar-Kilé» en breton : «Le compagnon». Un nom que Vincent, son nouvel acheteur et capitaine, a conservé pour au moins deux bonnes raisons : en premier, il lui convient fort bien ; en second, par quelque superstition. On ne change pas de nom à un voilier pour ne pas porter malheur. Ancien pilote d’avion militaire, Vincent va sur la soixantaine. En vue d’occupation et de plaisir pour sa retraite, il avait prospecté longuement sur l’achat d’un voilier ni trop grand ni trop petit ni trop vieux ni trop moderne, pour qu’il soit capable de le mener seul et d’accueillir  jusqu’à trois à cinq équipiers. Un programme côtier (d’où un dériveur), hauturier (d’où raide à la toile) : une sorte de 4X4 des mers, à un prix, compte tenu de l’âge et des équipements, autour de la moitié du neuf. Le « Carambola » fut son dernier choix. Affaire conclue, il n’y a qu’à le transformer pour l’améliorer, l’adapter à son gout, avec du temps devant soi, un peu d’argent, et avec d’aide d’un ami, devenant équipier. Et c’est ainsi que nous voilà à pied d’œuvre, dans le port de Perros-Guirec, sur le terre-plein situé à côté de la porte d’entrée de la marina.  Le bateau, mis au sec, présente sa coque entière toute en rondeur, hormis un petit fond plat et divisée en deux par un trait marqué sur sa ligne de flottaison. Même ainsi posé, assez près du sol, sur des madriers et non sur un ber parce que dériveur intégral, il garde une belle et fière allure. Sa robe est de couleur rouge foncée, il faut la changer en premier et c’est là que l’avis des amis intervient, c’est-à-dire Michel, Suzanne, épouse de Michel, Thomas un copain en retraite. Changer de couleur, en plus d’un chantier, est une marque de rupture, une prise de possession du voilier, un repère pour les années passées soutient le bleu. Nous avions eu, plus jeune, Suzanne et moi, un voilier blanc de 27 pieds pendant cinq ans, les enfants bien que petits, entre cinq et 9 ans s’en souviennent, sont prêts à renouveler l’expérience. Pour Vincent et moi, c’était aussi le bon choix, Gildas ne voulant pas se prononcer, la couleur était acquise : un bleu foncé, d’aspect brillant et de tenue résistante dans le temps. Et voilà le chantier qui démarre. Nous étions mi-mai, Vincent projetait de prendre la mer en mi-juillet, ce qui nous laissait deux mois pour le remettre à neuf. Les paris sont ouverts. Pour la peinture, la capitainerie nous avait accordé une semaine de présence sur le terre-plein. Par chance, la météo prévoyait du beau temps, alors dès demain,  tout le monde sur le pont, enfin, sous la coque. Il faut enlever la peinture existante, mettre un apprêt, repeindre en bleu. Pour ce faire, Vincent et moi n’allions pas chômer.

 

 Dialogue 

 

Trois amis de longue date se retrouvent un matin du début d’avril sur le quai près de la porte d’entrée du port de Perros-Guirec pour une découverte du voilier suivi d’une réunion de chantier improvisée.  Et dieu sait s’il y avait du travail de nettoyage, de rénovation et d’ajout !

 Vincent : Salut mes futurs équipiers, vous avez vu le beau voilier que je me suis acheté  d’occasion, à moitié prix du neuf, une super affaire.

Michel : Super, c’est vrai,  c’est ton choix, c’est ton budget, je suppose que tu projettes de le rénover de fond en comble, on est tous là pour …

Thomas : Moi je peux revoir l’installation électrique et la peinture extérieure et toi la mécanique, la voilure, l’accastillage… si, ça te va.

Suzanne : Moi, je ne sais pas faire grand-chose , sauf la déco du carré et des cabines : quelques housses, rideaux, éléments de cuisine.

Vincent : Merci, écoutez les amis, tout me va, je ne sais trop par où commencer, y a tout à faire : carénage, peinture, bref, j’ai la liste.

Suzanne : Vas-tu choisir un autre nom de ton bateau pour qu’il soit bien à toi, à moins que celui-ci te convienne ?

Vincent : « Ar-Kilé » me va, ça veut dire «Le compagnon» en breton. Ce sera le mien, tout autant que le vôtre, donc je ne le change pas.

Michel : A ta guise, mais ce rouge, devenu terne, ça te plait comme couleur ou tu  comptes le repeindre !

Suzanne : Je le verrais bien en bleu foncé, pour se fondre dans l’eau à sa ligne de flottaison tout en la soulignant comme un trait de pinceau.

Vincent : C’est aussi mon choix, il faut la décaper, mettre une couche de primaire pour accrocher, y en a pour une semaine, voire plus car il faut compter avec la météo… et les autre aléas, imprévus, surprises.

Michel : Arrêtes, tu tiens à nous décourager avant même d’avoir commencé .On va être optimiste, on va y arriver pour le 1er juillet

Vincent : si tu le dis, je ne demande qu’à te croire : on verra !

 

Et c’est ainsi que les travaux ont débuté dès le premier week-end par le nettoyage, le carénage, les travaux de peinture, etc… Toute l’équipe mettait du cœur à l’ouvrage dans la bonne entente et bonne humeur, comme il se doit, en dépit quelques averses les obligeant à se calfeutrer à l’intérieur pour une bière ou un apéro dinatoire…

 

 Epilogue

 

L’imaginaire du bateau et du voilier est aussi vieux que le Monde  de nos premiers humains qui partaient  à la conquête de notre Planète. Dieu sait si le bateau se décline presque à l’infini : barque à rames pour commencer et bateau voilier ; bateau à moteur : vedette, yacht, cargo, paquebot ; bateau  à fond plat : bac, barge, chaland, péniche ;

Bateau de pêche, bateau remorqueur,  sauvetage ; canot, chaloupe, radeau, pirogue, canoé … ferry. C’est tout ce qui flotte et permet de se déplacer. Construit par l’homme, beaucoup sont monocoque, sinon multicoque. Si tous les voiliers vont de plus en plus vite, le nôtre ne dépassera guère les sept nœuds.

 

J’ai appris à naviguer à la voile sur un Optimist, toujours dans le vent, les années passent, lui, reste. Ses formes simples en ont fait l’outil des débutants. Il continue sa brillante carrière au cœur de toutes les écoles de voile pour impérissables souvenirs.

 

Bateau, barque, voilier, symbolisent le voyage, la traversée de la vie, l’océan en image de celle-ci. Il faut mener son bateau à bon port et bien mener sa barque. Sa forme et son creux accueillant symbolise le ventre féminin, son étrave  fendant l’eau, le sexe masculin. La barque serait un berceau dans lequel on se blottit dès lors l’image du sein maternel n’est pas loin.

 

S’il y a  bien  un «sujet bateau»,  c’est celui-là, il vous mène à bon port  ou vous jette un sort, un sujet qui vous embarque au-delà des mers, qui vous attache à lui, tant endroit qu’envers ! 

 

Forme du bateau, filiforme, ou flancs rebondis, évoque un poisson fin, fendant l’eau ou baleine, se trainant sans se soucier de vent, ni de vitesse : les vedettes ou péniches, en rivières, restent bien plus sages.